Handicap et société
Dans l’ombre de la lumière la terreur se propage,
Quand soudain apparaît cet adage de peur dans la rage,
Face à cette torpeur je fulmine mes erreurs.
A tort ou à raison, je me pose des questions.
Sous les tirs fournis de mes ennemis
Je repense à ma vie, jadis et naguère,
A cette vie d’avant au soleil couchant.
A cette vie d’avant au soleil levant.
Au firmament crépusculaire, je tombe à terre.
C’est le début des galères.
Angoissé, prostré, paralysé,
J’épouse le sol,
Et quand les vagues m’immergent,
Et me submergent, je suis emporté, terrassé.
Je dégringole dans la rigole,
Et m’en vais comme un objet désuet,
Qu’on a démembré, piétiné, écartelé.
Comment renaître dans l’adversité ?
Là est tout le secret des personnes qui comme moi sont handicapées,
Et qui bravent les vents, les tempêtes et les marées,
Pour continuer à exister dans une société
Qui n’est pas encore prête à les accepter.
Alors quel comportement adopter ?
Olivier Ducourant — Univers Phénix
Ce poème est né d’une expérience profondément personnelle : celle du moment où le handicap ne change pas seulement le regard que l’on porte sur soi, mais parfois aussi celui que la société porte sur nous.
J’ai découvert que certaines portes pouvaient se refermer là où, auparavant, elles semblaient ouvertes.
Alors j’ai écrit.
Non pour demander que l’on me regarde différemment, mais pour rappeler qu’un handicap ne résume jamais une personne.
Derrière une fragilité ou une fragilité, visible ou invisible, demeurent une histoire, des compétences, des rêves, des projets et cette volonté essentielle : continuer à prendre sa place dans le monde.
Parce que la différence ne devrait jamais devenir une frontière.