Quand, du jour au lendemain, le sol se dérobe sous une vie.
Je dégringole
Je suis plutôt solaire,
Tout en ayant les pieds sur terre,
Mais tout s’est mis à changer
Je me rappelle c’était un 6 février.
Cette date est importante,
C’est le début de la tourmente,
Ce moment tout particulier
Où mes rêves se sont effondrés,
Tout comme le sol sous mes pieds
Qui ne cessait de se dérober.
Imaginez-moi allongé dans mon lit,
Meurtri sans pouvoir bouger
Et sans arrêter de pleurer.
C’est terrible comme du jour au lendemain votre vie peut basculer
Et tout perdre comme votre métier et votre santé voire peut-être même la famille que vous avez créée.
Moi j’étais maître d’enseignement à l’Université,
Infirmier spécialisé en psychiatrie et triplement publié, j’étais aussi orateur et maître conférencier.
Mais ça ne pèse pas lourd le jour où vous sombrez.
J’ai vécu des angoisses, des douleurs horribles et des idées que je n’avais jamais imaginées !
Quelle noirceur peut vivre dans notre intériorité !
Mourir moi quelle idée !
Et pourtant allongé sur mon parquet je suppliais la mort de m’emporter.
Oui j’aurais pu tout perdre pendant ces 6 années où la maladie et la psychiatrie m’ont cabossé avec des médicaments inappropriés et des thérapies qui m’ont dévasté.
Mais aujourd’hui je suis en vie
Et ça ce n’était pas gagné.
J’ai résisté aux appels du suicide du mieux que je pouvais.
Et même si j’ai perdu mon métier et que plus aucune entreprise souhaite m’embaucher.
Je suis là devant vous aujourd’hui
C’est incroyable n’est-ce pas ?
Je pousse ici un cri
De résistance ou d’assistance,
J’essaie de retrouver un nouvel élan de vie.
Et enfin même si je suis condamné à vivre avec toute ma vie,
C’est bien avec cette saloperie de maladie que je me tiens devant vous aujourd’hui.
Et c’est dans mon intériorité que sévit la bipolarité.
Olivier Ducourant — Univers Phénix
Il suffit parfois d’un instant pour qu’une vie bascule.
Ce texte raconte ce moment où tout ce qui semblait solide se dérobe : les certitudes, les projets, l’identité, jusqu’à cette impression de savoir qui l’on est.
Mais dégringoler ne signifie pas disparaître.
Au plus profond de la chute peut subsister quelque chose d’infime : une résistance, un souffle, une envie de vivre encore.
Parce qu’après être tombé, il reste parfois à trouver une autre façon de se relever.